La mouche soldat noire (Hermetia illucens) est une espèce d’insectes bénéfiques présente dans de nombreuses régions du monde. Contrairement aux mouches domestiques, elle est inoffensive pour l’homme et ne transmet aucune maladie.
Hermetia illucens a suscité un intérêt considérable en raison de son rôle essentiel dans le recyclage des déchets organiques. Ses larves sont capables de transformer efficacement une grande variété de déchets organiques, notamment les déchets alimentaires, les résidus agricoles et certains sous-produits industriels, en une biomasse riche en protéines et en lipides. Ce processus repose sur le système digestif des larves, qui contient des enzymes et des bactéries spécialisées décomposant rapidement la matière organique.
BSF/MSN et compostage.
Une étude souvent citée, menée par Mertenat et al. (2019), a comparé les émissions directes de gaz à effet de serre (GES) des systèmes utilisant la mouche soldat noire (BSF) avec les méthodes traditionnelles de compostage en andains. Leurs résultats ont montré que le traitement par BSF produisait 47 fois moins d’émissions directes de CO₂eq que le compostage conventionnel. Cette réduction significative est principalement due à l’activité biologique rapide et à l’environnement contrôlé fournis par les larves. Ces dernières consomment et décomposent la matière organique beaucoup plus rapidement que les communautés microbiennes présentes dans le compostage traditionnel, minimisant ainsi le temps de formation des microzones anaérobies – des poches dépourvues d’oxygène. Ces zones anaérobies sont les principales sources d’émissions de méthane (CH₄) et d’oxyde nitreux (N₂O) dans le compostage conventionnel. De plus, le mouvement physique, la régulation de l’humidité et l’aération propres aux systèmes BSF créent un environnement plus uniforme et riche en oxygène, limitant davantage la formation des gaz à effet de serre les plus puissants.
Mertenat compare la larve de mouche soldat noire (BSF) au compostage traditionnel/naturel, et non au compostage professionnel de haute technologie avec des systèmes de contrôle des émissions avancés ou une aération optimisée. L’écart se réduit considérablement par rapport au compostage industriel. L’étude de Mertenat, menée dans un contexte de pays en développement, a effectivement démontré la supériorité de la BSF sur la décomposition naturelle (traditionnelle) de la matière organique.
Bien que le procédé BSF génère également des émissions de carbone sous forme de CO₂ par la respiration larvaire, ces émissions sont compensées par la réduction de l’empreinte carbone importante liée à la production de farine de poisson et de soja, grâce au recyclage efficace des nutriments en protéines durables et utiles.
produits de la bioconversion MSN.
La mouche soldat noire (MSN) permet de convertir les déchets organiques en quatre produits à haute valeur ajoutée :
- Farine protéique : une alternative durable et riche en nutriments à la farine de poisson et au soja pour l’alimentation animale et aquacole.
- Lipides (huiles) : des graisses riches en énergie, utilisées en nutrition animale ou comme matière première pour la production de biodiesel.
- Chitine : extraite de leurs exosquelettes, elle est utilisée dans les domaines pharmaceutique, cosmétique et des bioplastiques.
- Frass : les déjections des larves sont riches en nutriments, utilisées comme fertilisant organique puissant.
Bien que la technologie MSN constitue une solution intéressante pour la conversion des déchets organiques en produits à forte valeur ajoutée (alimentation pour volailles, nourriture pour animaux domestiques, protéines animales), son déploiement à grande échelle se heurte à des défis réglementaires et juridiques importants, notamment en ce qui concerne la commercialisation de ces produits dérivés d’insectes. Des réglementations nationales claires et des standards de production certifiés sont essentiels pour garantir la confiance dans la qualité et la sécurité des produits.
@generizon on suit de près cette technologie. Bien que nous reconnaissons son potentiel et poursuivons son analyse, nous sommes également conscients des défis pratiques liés à son passage à l’échelle et à sa commercialisation. À l’instar des difficultés rencontrées pour l’épandage du digestat issu de la Digestion Anaérobie (DA) de déchets organiques, les produits issus du MSN pourraient faire face à des obstacles en matière de normalization, d’acceptation du marché et de constance de qualité, ce qui peut compliquer leur commercialisation et leur intégration.
À ce stade, la technologie BSF n’est pas encore intégrée dans l’approche intégrée de generizon, bien que cela puisse évoluer à l’avenir.
BSF/MSN appliqué à la Fraction Fermentescible des Ordures Ménagères (FFOM).
L’approche intégrée de generizon continue de privilégier la digestion anaérobie en réacteur flux piston (plug-flow) comme solution optimale pour le traitement de la Fraction Fermentescible des Ordures Ménagères « contaminée » (FFOM). La digestion anaérobie du FFOM permet de produire plusieurs co-produits valorisables et commercialisables (biogaz et combustible Solide de Récupération (CSR)). En revanche, en raison des contraintes réglementaires, la conversion du FFOM par MSN ne permet pas, à ce stade, d’obtenir des produits valorisables équivalents.
MSN appliqué aux déchets organiques séparés à la source (SSOW).
La digestion anaérobie des déchets organiques séparés à la source humides (source separated organic waste – SSOW), telle que décrite, constitue un pilier de l’approche intégrée de gestion des déchets de generizon. Elle permet de produire un biogaz riche en carbone (CH₄ et CO₂), ainsi qu’un digestat liquide valorisable en tant que amendement fertilisant pour les sols.
En revanche, les SSOW à consistance plus solide représentent un substrat idéal pour la bioconversion par les larves du MSN, permettant la valorisation des nutriments en protéines et en lipides.
Synergies entre la digestion anaérobie (DA) et le MSN.
Les installations les plus avancées tendent aujourd’hui vers l’intégration de ces deux procédés.
- Étape 1 : Les larves de MSN traitent les fractions solides à forte valeur des SSOW.
- Étape 2 : Les résidus (Frass et substrat non consommé) sont ensuite dirigés vers une unité de digestion anaérobie.
La résultat :Cette approche permet de produire à la fois des protéines à haute valeur ajoutée et du biogaz, tout en réduisant significativement le volume total de déchets nécessitant une élimination finale.


