Le compostage est un procédé de traitement biologique aérobie, c’est-à-dire qu’il se déroule en présence d’oxygène, contrairement à la digestion anaérobie qui a lieu en absence d’oxygène. Dans des conditions environnementales contrôlées, il permet de transformer les déchets organiques biodégradables en compost, un amendement organique riche en nutriments (humus) qui améliore la structure du sol, sa fertilité ainsi que son activité biologique. Ce processus génère également du CO₂ et de la chaleur (pouvant atteindre environ 70 °C). Contrairement à certaines autres filières, le compostage ne produit pas d’énergie valorisable, la chaleur générée étant entièrement consommée par le processus biologique.
Une grande variété de matières organiques peut être traitée par compostage, notamment :
- Les résidus agricoles (paille, tiges, feuilles),
- Les déchets verts (branchages issus de la taille, tontes de gazon, plantes fanées),
- Les déchets alimentaires (épluchures de fruits et légumes, marc de café, restes de cuisine),
- Les effluents d’élevage, souvent mélangés à des litières comme la paille,
- Les sous-produits agroalimentaires (marc de raisin, pulpes de fruits et légumes),
- Ainsi que les invendus ou produits rejetés de l’industrie agroalimentaire.
En favorisant la décomposition naturelle de la matière organique, le compostage constitue une solution de gestion des déchets à la fois durable et circulaire. Il permet de détourner une part importante des déchets organiques des décharges, contribuant ainsi à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, notamment le méthane. Contrairement aux procédés anaérobies, le compostage émet principalement du dioxyde de carbone (CO₂) et très peu de méthane (CH₄), ce qui en fait une option plus favorable du point de vue climatique pour le traitement des déchets organiques.
les phases du compostage.
Le compostage est un processus biologique aérobie au cours duquel la matière organique est dégradée par des communautés microbiennes successives. Les bactéries dominent à des températures élevées, tandis que les champignons interviennent dans la dégradation des matières plus résistantes, notamment en périphérie des andains. Les actinomycètes prennent le relais sur des composés complexes tels que la cellulose et la lignine. Lors de la phase de maturation, des macro-organismes comme les vers de terre contribuent également à l’évolution du compost.
Phase de fermentation (phase active).
Cette phase aérobie se décompose en trois étapes :
- Phase mésophile (jusqu’à environ 30 °C) : les bactéries et les champignons dégradent les composés organiques simples, ce qui entraîne une élévation de la température.
- Phase thermophile (jusqu’à 70–80 °C) : les agents pathogènes et la majorité des graines indésirables sont éliminés. Une bonne aération est essentielle pour éviter l’apparition de conditions anaérobies, les odeurs et la formation de lixiviats.
- Phase de refroidissement (autour de 40 °C) : à mesure que la matière facilement biodégradable diminue, la température baisse et les micro-organismes s’attaquent à des composés plus complexes (cellulose, lignine), amorçant le processus d’humification.
Phase de maturation.
Cette étape, qui s’étend sur plusieurs mois, conduit à la formation d’un compost stable et riche en humus grâce à l’action continue des micro-organismes et des vers de terre. L’ensemble du processus repose exclusivement sur des réactions biologiques.
Un rapport carbone/azote (C/N) initial optimal se situe autour de 30. Au-delà de 50, la dégradation ralentit fortement. En fin de compostage, ce ratio diminue généralement pour atteindre environ 15. Les matériaux riches en carbone comprennent notamment les feuilles et le bois, tandis que les tontes de gazon et les déchets végétaux sont riches en azote.
le compostage dans le cadre des Déchets Ménagers et Assimilées (DMA).
Le compostage n’est pas considéré comme une technologie de valorisation énergétique des déchets (WtE), dans la mesure où il ne produit ni énergie, ni biogaz, ni électricité. Son principal produit est le compost, un amendement organique riche en humus, présentant une forte valeur agronomique.
Néanmoins, le compostage constitue un pilier important de l’approche intégrée de gestion des déchets urbains développée par generizon. Il représente une solution de traitement particulièrement adaptée aux déchets verts non contaminés, tels que les résidus d’élagage des arbres urbains. La gestion logistique de ces flux est relativement simple, permettant d’éviter leur mise en décharge ainsi que les émissions de méthane à long terme liées à la dégradation de la matière organique cellulosique. Cette approche s’inscrit pleinement dans les objectifs des cahiers des charges marocains en matière de gestion des déchets et des centres d’enfouissement.
L’amélioration des systèmes de collecte, de tri et de gestion des déchets verts, afin d’éviter toute contamination, permet de produire un compost de haute qualité. Celui-ci constitue une ressource précieuse pour l’agriculture et les espaces verts, s’inscrivant dans une logique d’économie circulaire et de valorisation durable.
En revanche, le compostage de la Fraction Fermentescible des Ordures Ménagères (FFOM), lorsqu’elle est contaminée (notamment après passage au trommel), présente peu d’intérêt. Le compost obtenu reste contaminé par des matières indésirables et ne répond pas aux exigences réglementaires pour un usage agricole ; il ne constitue donc pas un produit valorisable.


