gestion des déchets ménagers et assimilés au Maroc.
Au Maroc, les Déchets Ménagers et Assimilés (DMA) sont classés en déchets ménagers et en déchets assimilés aux déchets ménagers, ces derniers sont générés par les activités commerciales, institutionnelles et de services. Leur gestion relève de la responsabilité des communes.
Déchets ménagers.
Les zones urbaines au Maroc font face à une augmentation rapide de la production d’ordures ménagères, due à la croissance démographique, à l’urbanisation et à l’évolution des modes de consommation. La production moyenne de déchets par habitant en milieu urbain est déjà significative et devrait connaître une progression d’environ 3 % par an entre 2025 et 2030.
La production nationale de déchets ménagers urbains est passée d’environ 5,9 millions de tonnes en 2015 et devrait atteindre 9,4 millions de tonnes d’ici 2030. En 2025 seulement, les zones urbaines devraient générer environ 8,1 millions de tonnes de DMA par an, soit l’équivalent de 22 300 tonnes par jour, avec un taux moyen de production d’environ 0,83 à 0,9 kg par habitant et par jour.
Cependant, la quantité de déchets produite n’est pas équivalente à celle effectivement reçue en décharge, car une part importante est récupérée en amont par les récupérateurs informels (les chiffonniers), en particulier les matériaux recyclables.
En revanche, les zones rurales génèrent des quantités beaucoup plus faibles de déchets, la matière organique étant largement utilisée localement, soit comme alimentation animale, soit comme compost, ce qui réduit les besoins de collecte et la pression sur la chaîne de traitement des DMA.
Déchets non ménagers (déchets assimilés au déchets ménagers).
Les déchets assimilés au déchets ménagers au Maroc sont principalement générés dans les espaces publics et commerciaux, au sein des communes. Ils comprennent le balayage des rues, les déchets verts issus de l’entretien des espaces verts et des arbres, ainsi que les déchets provenant des parcs, des plages et des zones de loisirs.
Ils incluent également souvent les boues des stations municipales de traitement des eaux usées, certains déchets industriels banals, les déchets des volaillers et poissonniers, de l’industrie agroalimentaire et des abattoirs, ainsi que les déchets de bureaux, textiles, d’emballages et de la construction.
Collecte des DMA au Maroc.
La collecte des déchets en milieu urbain au Maroc est fortement développée. Depuis 2008, le Programme National des Déchets Ménagers (PNDM) a permis d’augmenter considérablement les taux de collecte en milieu urbain, passant de 45 % en 2007 (au début du programme) à un taux officiel moyen de 96 % en 2021, ce qui représente un progrès majeur dans la propreté des villes et la gestion efficace des déchets ménagers.
La collecte des déchets solides municipaux est organisée par zones ou quartiers, avec différents prestataires opérant dans une même ville. Selon la commune, les services de collecte sont soit assurés directement par les autorités locales, soit délégués à des opérateurs privés dans le cadre de contrats de gestion déléguée.
En plus de la collecte des ordures ménagères, des services privés spécialisés assurent la collecte pour les sites industriels, les activités commerciales et les grandes surfaces. La collecte est généralement effectuée quotidiennement, avec une fréquence plus élevée dans les zones denses ou à forte activité.
Si le tri à la source des déchets recyclables et organiques au niveau des ménages a été expérimenté dans plusieurs projets pilotes, il n’est actuellement pas pratiqué à grande échelle. En revanche, de plus en plus d’entreprises et d’acteurs commerciaux trient déjà leurs matériaux recyclables. Le papier, le carton, les plastiques et le bois sont couramment vendus à des entreprises privées de recyclage, permettant la valorisation des matériaux parallèlement au système municipal et soutenant la transition vers une économie circulaire des déchets.
Récupérateurs informels (chiffonniers).
Dans les grandes villes marocaines, les récupérateurs informels jouent un rôle essentiel dans la réduction des quantités de déchets envoyées en décharge et dans le développement des activités de recyclage. Leur nombre était estimé à environ 36 000 en 2020 et continue d’augmenter. Le secteur informel est particulièrement dominant dans la filière plastique, représentant jusqu’à 90 % de la chaîne de valeur du recyclage des plastiques.
Les récupérateurs collectent principalement des matériaux recyclables à forte valeur ajoutée tels que les plastiques, les métaux, le verre, le papier et le carton, réduisant ainsi significativement le volume de déchets nécessitant une élimination finale.
Reconnaissant l’importance environnementale et sociale de cette activité informelle, la Stratégie Nationale de Réduction et de Valorisation des Déchets (SNRVD) vise à formaliser 50 % de la collecte informelle d’ici 2030, afin d’améliorer les conditions de travail tout en renforçant la valorisation des matières. Malgré ces efforts, des défis persistent, notamment les fuites de plastique vers le milieu marin, estimées à 75 000 tonnes par an, soulignant la nécessité d’une meilleure intégration des récupérateurs dans un système de gestion des déchets structuré et durable.
caractérisation des DMA.
Les caractéristiques des Déchets Ménagers et Assimilés (DMA) au Maroc, comme ailleurs en Méditerranée, se distinguent par une teneur élevée en humidité et une forte fraction organique, aussi bien au niveau des ménages avant la collecte qu’à leur réception en décharge.
La principale différence entre ces deux points d’observation réside dans la part récupérée par les récupérateurs informels — plastiques, papier, verre, métaux, etc. — ainsi que dans la fraction perdue dans l’environnement, notamment vers le milieu marin.
Le graphique met en évidence les principaux points suivants :
- Les Déchets Ménagers et Assimilés (DMA) au Maroc se caractérisent par une forte teneur en matière organique (déchets alimentaires) de 60 à 70 %.
- La fraction restante comprend des matériaux combustibles tels que les plastiques et le papier, ainsi que des matériaux recyclables comme le verre et les métaux.
- La teneur globale en humidité est également élevée, généralement supérieure ou égale à 50 %, ce qui influence fortement les processus de dégradation des déchets.
- La part des plastiques dans les DMA a augmenté au fil du temps, passant de 0,3 % en 1960 à 6–8 % en 2000, pour atteindre environ 10 % en 2015. Des études plus récentes indiquent des valeurs légèrement plus élevées, comprises entre 10 et 14 %.
- Le papier et le carton représentent généralement 6 à 12 %, tandis que les textiles sont estimés entre 2 et 6 % du flux de déchets.
- Les déchets verts atteignent environ 8 % à Rabat, mais restent plus faibles dans la plupart des autres villes, autour de 1 % en moyenne.
Combinée aux conditions climatiques du Maroc, cette composition des déchets entraîne une génération importante de méthane provenant des décharges, appelée gaz des décharges (Landfill Gas – LFG), ainsi qu’une production de lixiviats. Le LFG est une forme de biogaz composée principalement de méthane (CH₄) et de dioxyde de carbone (CO₂). Le méthane est classé comme un polluant climatique à courte durée de vie (Short Lived Climate Pollutant – SLCP) et contribue fortement au changement climatique en raison de son pouvoir de réchauffement global élevé (Global Warming Potential – GWP).
generizon dispose d’une expertise approfondie dans l’estimation des émissions de LFG à l’aide de l’équation de décroissance exponentiel (First-Order Decay – FOD) du GIEC (IPCC). Les résultats obtenus par cette méthodologie ont été systématiquement validés par des observations satellitaires réelles, notamment via GHGSat et Carbon Mapper, ce qui renforce la robustesse et la crédibilité des projections.
Le lixiviat constitue un autre polluant liquide majeur généré par les déchets. Il s’agit d’un liquide hautement toxique formé lorsque l’eau percole à travers les déchets, entraînant des contaminants organiques et chimiques, y compris des métaux lourds et d’autres composés dangereux. Les décharges marocaines produisent des quantités importantes de lixiviat (estimées à environ 200 à 250 m³ par tonne de déchets, selon les conditions du site). Ce liquide contaminé est généralement collecté et stocké dans des bassins dédiés situés à proximité des sites d’enfouissement avant traitement.
L’enfouissement demeure la principale méthode d’élimination des déchets au Maroc.
pouvoir calorifique des DMA au Maroc.
Les Déchets Ménagers et Assimilés (DMA) au Maroc se caractérisent par une teneur élevée en humidité et une forte proportion de Matière Organique (MO), ce qui entraîne un Pouvoir Calorifique Inférieur (PCI) relativement faible, estimé entre 6,5 et 8,3 MJ/kg, une part importante de l’énergie étant utilisée pour l’évaporation de l’eau.
Cela rend les DMA à peine adaptés à l’incinération avec valorisation énergétique, même lorsque les plastiques et le papier sont inclus dans le flux incinéré. En retirant les plastiques et le papier, le PCI chute à moins de 6 MJ/kg pour la fraction organique restante.
La digestion anaérobie constitue ainsi une solution plus adaptée et plus efficace pour les flux de déchets riches en matière organique et à forte teneur en eau, comme les DMA au Maroc.
generizon propose deux solutions technologiques :
- des réacteurs à cuve agitée en continu (Continuous Stirred Tank Reactor – CSTR), adaptés aux déchets organiques triés à la source (Source Separated Organic Waste – SSOW) ;
- des systèmes plug-flow ou à haute teneur en matières sèches, appropriés pour la Fraction Fermentescible des Ordures Ménagers (FFOM) après séparation mécanique.
déchets organiques – SSOW – FFOM.
generizon concentre son expertise sur les déchets organiques, avec une mission claire : transformer les déchets en ressources énergétiques valorisables. Pour ce faire, generizon développe des stratégies adaptées aux différents flux de déchets organiques, en optimisant les voies de valorisation en fonction des caractéristiques des déchets et de leur degré de contamination.
Déchets Organiques Triés à la Source (Source Separated Organic Waste – SSOW).
Les déchets organiques triés à la source comprennent les résidus organiques issus des abattoirs de volailles, des abattoirs communaux, des marchés aux poissons et conserveries, des restaurants et hôtels, des fruits et légumes des marchés et des périmés des supermarchés, des unités de conditionnement de fruits et légumes, ainsi que de l’industrie agroalimentaire (production de jus, laiteries, huileries, etc.), ainsi que d’autres matières organiques humides.
Ces flux, en particulier ceux provenant du secteur animal, se caractérisent généralement par une teneur élevée en humidité et en azote. Dans les systèmes de digestion anaérobie à cuve agitée en continu (Continuous Stirred Tank Reactor – CSTR), ces intrants peuvent être dilués ou co-digérés afin d’optimiser les niveaux d’azote, garantissant ainsi la stabilité des processus biologiques et une production efficace de biogaz.
La digestion anaérobie des déchets organiques triés à la source, principalement en réacteurs CSTR, présente un fort potentiel au Maroc, compte tenu des volumes importants de déchets organiques générés, ainsi que du cadre structurant mis en place par le programme national de valorisation des déchets organiques (OWtE -Organic Waste to Energy), co-développé par generizon. Ce programme prévoit la mise en œuvre de 30 projets répartis sur l’ensemble des régions du Maroc, chacun conçu pour traiter environ 50 tonnes par jour de SSOW.
Ces projets permettent de produire du biogaz, valorisable dans des chaudières industrielles ou pour la production d’électricité, avec une viabilité financière renforcée par la vente d’électricité et le recours aux mécanismes de crédits carbone.
De plus, le processus génère du digestat destiné à des applications agricoles. Il est essentiel de souligner que, puisque les déchets organiques triés à la source (SSOW) sont non contaminés et entièrement traçables jusqu’à leur origine, la chaîne logistique garantit un produit final de haute qualité.
Par conséquent, le digestat obtenu constitue un amendement organique propre et de qualité supérieure, prêt à être utilisé directement en agriculture professionnelle.




generizon a participé à un projet de normalisation du digestat, visant à encadrer l’utilisation du digestat issu de la digestion anaérobie des déchets propres séparés à la source et à permettre son application sécurisée en tant qu’amendement organique (fertilisant) dans les champs agricoles. Cette norme a été publiée en tant que Norme Marocaine et est actuellement mise en œuvre sous l’orientation et la supervision de l’IMANOR et de l’ONSSA, garantissant la conformité aux exigences nationales en matière de qualité et de sécurité.
Fraction Fermentescible des Ordures Ménagers (FFOM). Fraction organique des Déchets Ménagers et Assimilés (OFMSW).
Le processus de Traitement Mécano-Biologique (TMB) des Ordures Ménagères Résiduelles (OMR) ou centre de tri de collecte sélective (Material Recovery Facility – MRF) est au cœur d’un système de tri et de séparation des déchets qui produit trois fractions principales :
- La Fraction Fermentescible des Ordures Ménagers (FFOM).
- La Fraction recyclable, composée de matériaux plats (journaux, magazines, cartons laminés) et creux (bouteilles en plastique, emballages, briques alimentaires).
- La fraction combustible, ou Combustible Fossile de Récupération (CSR), constituée de plastiques, papiers, textiles et matières organiques difficiles à recycler.
La taille des mailles du tamis rotatif (le trommel) détermine le degré de pureté ou de contamination des différentes fractions. Des ouvertures plus petites limitent la contamination de la fraction organique mais laissent davantage d’organique sur le tapis pour un tri ultérieur. Des ouvertures plus larges contaminent la Fraction Fermentescible des Ordures Ménagères (FFOM) avec des matériaux recyclables et CSR de valeur.
La fraction organique des DMA est dirigée vers un traitement biologique—tel que le compostage ou la Digestion Anaérobie (DA)—pour produire du biogaz et un digestat riche en nutriments. Bien que ces processus biologiques soient théoriquement standard, ils n’ont pas encore été mis en œuvre au Maroc. Actuellement, la fraction organique est encore dirigée vers l’enfouissement dans les casiers des décharges, générant lixiviats et gaz des décharges (Landfill Gas – LFG) sur l’ensemble des sites marocains.




Les matériaux passant à travers le trommel subissent un tri mécanique avancé utilisant des séparateurs magnétiques, des trieurs optiques et des séparateurs à courants de foucault pour récupérer des recyclables de grande valeur, tels que divers plastiques, métaux et papiers. Un tri manuel par les opérateurs sur le tapis complète le processus pour séparer différents types de plastiques et de papiers.
Enfin, les résidus non recyclables ayant une haute valeur calorifique—comme les textiles mélangés et les plastiques résiduels—sont transformés en Combustible Solide de Récupération (CSR) pour la valorisation énergétique dans des applications industrielles telles que les fours à ciment.
lois et stratégies marocaines dans le contexte des déchets.
Les principales lois régissant le secteur de la gestion des déchets au Maroc sont les suivantes :
- Loi n°28-00 relative à la gestion des déchets.
- Loi n° 78-00 relative à la charte communale.
- Loi organique n° 113-14 relative aux communes.
- Loi n° 54-05 relative à la gestion déléguée.
Les principales lois régissant le secteur des énergies renouvelables au Maroc sont les suivantes :
- Loi n° 13-09 relative aux énergies renouvelables.
- Loi n° 82-21 relative à l’autoproduction d’énergie électrique.
- Loi n° 83-21 relative au Societé Régionales Multiservices (SRM).
- Loi n° 48-15 relative à l’Autorité Nationale de Régulation de l’Electricité (ANRE).
Les principales stratégies du Maroc en matière de gestion des déchets sont les suivantes :
- Programme National des Déchets Ménagers (PNDM).
- Stratégie Nationale de Réduction et de Valorisation des Déchets (SNRVD).
- Stratégie Nationale de Développement Durable (SNDD).
- Contribution Déterminée au Niveau National du Maroc (CDN) pour 2035.
- Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) 2050 du Maroc.
- Engagement Mondial sur le Méthane (Global Methane Pledge – GMP).


